La Restauration d’une hache

Cette restauration a pour but d'utiliser un outil ancien pour lui redonner sa fonction d'origine. Alors pourquoi se donner autant de mal à remettre en état un outil que l'on peut trouver dans un magasin spécialisé pour quelques dizaines d’euros ?

La première raison est probablement le plaisir de la restauration, quant à la seconde, c'est la technique utilisée par le forgeron pour forger cette hache.

Jusqu'à une période que l'on peut situer aux alentours de 1930-1940 les outils tranchants ont été fabriqués par des forgerons spécialisés que l'on appelait des taillandiers. Ils maîtrisaient parfaitement la soudure au feu et produisaient des outils où l'on retrouve très régulièrement la technique du tranchant rapporté. 

Pour des raisons techniques (une dureté différente de l'acier en fonction de sa qualité et de son positionnement dans l'outil) mais aussi pour des raisons purement financières à savoir une économie de la matière la plus chère c'est-à-dire l'acier.  La partie non tranchante était fabriquée dans de l'acier à ferrer les ânes autrement dit de la ferraille de récupération.

Cette hache chinée sur une brocante présente des traces de corrosion très avancée, mais récupérable du moins pour un outil que l'on souhaite réutiliser et non collectionner.

 

Il s'agira tout d'abord, avec une brosse rotative métallique de décaper au maximum la couche de rouille puis avec une meuleuse d'angle de reprendre l'outil sur toutes ses faces. Cela va permettre de vérifier qui n'y ait pas de défauts majeurs qui viendrait empêcher l'utilisation de cet outil. 

Avec un disque à lamelles de grain 80 je vais ensuite surfacer l'ensemble. Je renouvelle l'opération avec un grain100 ce qui va faire apparaître les traces de soudure à la forge et le positionnement de la mise en acier sur le tranchant. Comme cet outil a été trempé le travail sur le tranchant sera réalisé avec attention sur une meule à eau de manière à ne surtout pas monter en température ce qui lui ferait perdre toutes ces qualités et obligerait à renouveler l'opération de trempe ce qui n'est pas le but recherché. Une fois le tranchant repris à la meule je vais le passer à la bande abrasive grain 400 puis le finir au cuir.

Je vais l’emmancher sur un bois assez court puisque je la destine à faire de l'ébauche de sculpture sur des bois relativement tendre de type cyprès ou autre.

Mon seul regret c'est que la marque du forgeron qui l’a fabriqué ne soit plus lisible, sur la seconde hache on distingue parfaitement le poinçon et cela lui donnera d'autant plus de valeur lors d'une future restauration.

 
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LA DECOUVERTE D’UN MOULE ANCIEN